Artistes

.Emanuela Meloni __ Sèvre/Mer

Débutée en 2019 à l'initiative de la Villa Pérochon avec le soutien la première année du Carré Amelot et du Centre intermonde La Rochelle, Sèvre/Mer est une balade photographique de l'artiste sarde Emanuela Meloni qui visite le cours de la Sèvre niortaise, depuis sa source dans le pays de Saint-Maixent jusqu'à l'océan Atlantique.

La diversité des paysages a guidé ses recherches photographiques pour une quête artistique singulière empreinte de poésie et de philosophie. La première étape de ce voyage photographique l'a menée sur la côte atlantique pour remonter des marais salants jusqu'aux marais mouillés aux portes du pays niortais. Cette première partie a donné lieu à La Rochelle à une très belle exposition simultanée au Carré Amelot et au Centre Intermonde.

Emanuela Meloni a ensuite posé son appareil photo dans la communauté de communes du Haut Val-de-Sèvre pour explorer la source du fleuve.

Pour finir, elle s'est arrêtée à Niort cet été pour découvrir la partie plus urbaine de la Sèvre niortaise.

Toutes ces étapes ont donné lieu à des rencontres avec le public et de nombreux scolaires lors d'ateliers et de visites commentées par l'artiste.

« Je fais marcher mes pieds et mes pensées, du long de la côte océanique jusqu'aux tunnels enveloppants et immobiles du marais, du bruit au silence, de l'azur au vert et vice-versa.»

Emanuela Meloni est née en Sardaigne. Après des études en Sciences Politiques et un diplôme de Philosophie en Italie, elle s'intéresse à la photographie en participant à divers workshops. Elle aborde la photographie et le cinéma en 2009, en travaillant comme photographe de plateau dans différents documentaires et pour le film Dal Profondo de la réalisatrice récemment disparue, Valentina Pedicini.Cherchant une formation plus professionnelle, elle sort diplômée d'un Master de l'École Nationale Supérieure de la Photographie d'Arles en 2015. Cette année-là, elle vient également à Niort participer à la résidence des Rencontres de la jeune photographie internationale. Aujourd'hui, elle vit et travaille entre la France et l'Italie.

Depuis 2016, Emanuela participe à différents programmes de résidence artistiques et pédagogiques entre France, Italie et Pérou.

Le Paysage est un thème récurrent dans son travail photographique. Elle s'intéresse à la perception du paysage qui se veut toujours multisensorielle, et pas seulement visuelle. Elle recherche ainsi une oeuvre qui puisse tisser des fils entre ce que nous vivons et ce que nous essayons de représenter et de fabriquer. Dans cette recherche, il y a la nécessité de trouver un équilibre entre les espaces vides et pleins: dans l'espace mental, physique, urbain et naturel, dans le langage et dans la temporalité changeante de l'image.

 

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http://www.emanuelameloni.com/

 

.Kiyoshi Nakagami

En observant une peinture de Kiyoshi Nakagami, les frontières entre réalité et fiction s’effacent, l’ombre, noire et imposante effraie, tandis que la lumière, salvatrice, apporte un certain espoir. Il y a une dichotomie certaine dans ses œuvres, une opposition entre le clair et l’obscur qui évoque un combat fantastique entre deux entités divines.

Né en 1949 à Shizuoka, le peintre développe son esthétique unique depuis des années. C’est en 2000 qu’il met au point pour la première fois la technique qu’il utilise encore aujourd’hui. Convaincu que la nature ne peut être domptée par l’Homme, il réalise ses créations minutieuses sans l’aide d’un pinceau, et laisse le temps et les intempéries influencer ses œuvres, creuser les noirs et embrumer la luminosité.

Une expérience inoubliable

De ce processus réfléchi émergent des paysages apocalyptiques aux contrastes saisissants. « Mon point de départ, lorsque je dessine, est d’offrir une expérience inoubliable au public. Une expérience qui ne peut être expliquée avec des mots », confie l’artiste. Fasciné depuis toujours par la lumière, qu’il perçoit comme la base de toute forme d’art, Kiyoshi Nakagami lui rend hommage, comme de nombreux auteurs. « Dans l’Ancien Testament, on peut lire “Et la lumière fut”. Au sein de sa biographie, Carl Jung mentionnait des gorilles qui se réunissaient pour regarder le soleil se lever. Il existe des tribus qui vénèrent cet astre à la manière d’un Dieu… », énumère-t-il.

Ses clairs-obscurs spectaculaires nous emportent dans une nature sauvage, puissante. Les nuages, qui voilent les rayons solaires et plongent son monde dans une obscurité menaçante, semblent figer le temps. Juste avant que l’orage gronde et que les gouttes tombent, et s’écrasent sur le sol. Les créations du peintre n’illustrent pas la réalité, elles sont des œuvres de fiction. Elles capturent une lutte manichéenne entre le noir et la lumière, l’inconnu et le familier. Elles apportent un souffle épique à ce paysage ordinaire, et conduisent l’observateur à ne plus jamais regarder l’horizon de la même façon.

© Lou Tsatsas

 

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https://www.paris-art.com/galerie-jean-luc-takako-richard-peintures-de-lumieres-de-kiyoshi-nakagami/

https://www.creationcontemporaine-asie.com/pages/artistes-contemporains-japonais.html

 

.Anni et Josef Albers __ L'art et la vie

Pour la première fois en France, cette exposition de grande envergure réunit l'oeuvre de deux artistes majeurs du XXe siècle. Nés en Allemagne, Anní et Josef Albers se rencontrent en 1922 à l'École du Bauhaus avant de se marier trois ans plus tard. En 1933, ils émigrent aux États Unis où ils sont invités à enseigner au Black Mountain College, école expérimentale située dans les montagnes de Caroline du Nord. Dans ce nouvel environnement, Josef approfondit ses recherches sur la couleur tandis qu'Anni continue à explorer les différentes techniques du tissage.

Le lien intime et très complice qui unit les deux artistes leur a permis tout au long de leur vie, de se soutenir et de se renforcer mutuellement dans un dialogue permanent et respectueux.

Particulièrement attentifs aux formes, aux matériaux et aux couleurs, ils ont produit une oeuvre considérée aujourd'hui comme l'une des bases de l'art moderne et dont l'influence reste considérable sur les plus jeunes générations d'artistes.

Leur travail, en tant qu'artistes mais aussi enseignants, consiste à susciter constamment des interrogations nouvelles par l'observation sensible du monde visuel et tactile: "Apprenez à voir et à ressentir la vie, cultivez votre imagination, parce qu'il y a encore des merveilles dans le monde, parce que la vie est un mystère et qu'elle le restera." Josef Albers

L'exposition suit un parcours chronologique dans lequel s'instaure un dialogue entre les deux oeuvres, tout en soulignant leurs différences et leurs ressemblances.

© Musée d'Art Moderne de Paris

 

1 josef albers rondo 1942

Josef Albers

Rondo

1942

Pointe sèche

The Josef and Anni Albers Foundation

 

2 josef albers parc entre 1923 et 1924

Josef Albers

Parc

Entre 1923 et 1924

Verre, métal, fil de fer, peinture

The Bluff Collection

 

3 josef albers gratte ciel sur jaune transparent vers 1929

Josef Albers

Gratte-ciel sur jaune transparent

Vers 1929

Verre plaqué sablé, peinture noire

The Josef and Anni Albers Foundation

 

4 josef albers piliers 1928

Josef Albers

Piliers

1928

Verre opacifié par projection de sable, métal, aggloméré

The Metropolitan Museum of Art, New York, George A. Hearn Fund, 1970

 

5 josef albers anni ete 28 1928

Josef Albers

Anni/Été 28

1928

Tirages gélatino-argentiques montés sur carton

The Josef and Anni Albers Foundation

 

6 anni albers wallhanging 1925

Anni Albers

Wallhanging

1925

Laine, soie

Die Neue Sammlung Munich

Réplique réalisée par Katharina Jebsen, 2021

Reproduction by Katharina Jebsen, 2021

 

7 josef albers opera 1933

Josef Albers

Opéra

1933

Gravure sur bois

Centre Pompidou, MNAM/CCI, Paris,

legs de Nina Kandinsky, 1981

 

8 josef albers forme proto a 1937

Josef Albers

Forme proto A

1937

Huile sur panneau en fibres de bois

The Josef and Anni Albers Foundation

 

9 josef albers etude rouge violet achats de noel 1935

Josef Albers

Étude: Rouge-Violet (Achats de Noël)

1935

Huile sur panneau en bois

The Josef and Anni Albers Foundation

 

9 1 josef albers memento 1943

Josef Albers

Memento

1943

Huile sur Masonite

Solomon R. Guggenheim Museum, New York, estate de Karl Nierendorf, By purchase

 

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Josef Albers

Portail

1936

Huile sur Masonite

Yale University Art Gallery, New Haven, don de la Collection of the Société Anonyme

 

9 3 anni albers sans titre 1941

Anni Albers

Sans titre

1941 Rayonne, lin, laine, jute

The Josef and Anni Albers Foundation

 

9 4 anni albers ville 1950

Anni Albers

Ville

1949

Lin, coton

The Josef and Anni Albers Foundation

 

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Anni Albers et Alexander Reed

Collier

Vers 1940

Rondelles en aluminium, ruban en velours

marron foncé

The Josef and Anni Albers Foundation

 

"Être créatif n'est pas tant le désir de faire quelque chose que d'être à l'écoute de ce qui souhaite être fait : ce que nous dictent les matériaux."

Anni Albers et Alexander Reed

 

9 6 josef albers dans une lumiere douce entre 47 et 54

Josef Albers

Dans une lumière douce

Entre 1947 et 1954

Huile sur Masonite

The Josef and Anni Albers Foundation

 

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Josef Albers

Variant/Adobe

1958

Huile sur Masonite

Collection particulière, courtesy David Zwirner Gallery, New York

 

"Dans le domaine de la perception visuelle, une couleur n'est presque jamais vue telle qu'elle est vraiment - telle qu'elle est physiquement. Cela fait de la couleur le moyen d'expression artistique le plus relatif qui soit."

Josef Albers

 

9 8 josef albers repetition contre le bleu 1943

Josef Albers

Répétition contre le bleu

1943

Huile sur Masonite

Tate, Londres, Presented by The Josef and Anni Albers Foundation, 2006

 

9 9 josef albers tenayuca i 1942

Josef Albers

Tenayuca I

1942

Huile sur Masonite

The Josef and Anni Albers Foundation

 

"Je n'ai construit aucune théorie. J'ai seulement essayé de développer des yeux sensibles."

Extrait de lettre de John Cage adressée à Anni et Josef Albers

"Hier soir, Anni, nous avons lu à haute voix l'un de vos pamphlets et nous avons été tous émus par la clarté et la justesse de vos pensées. Être resté à New York sans en partir pendant si longtemps, m'avait laissé croire que ce que nous exigeons ne peut se réaliser qu'en chacun de nous, individuellement ; mais maintenant, au Black Mountain et aussi chez les Trappistes, je vois que les gens peuvent encore travailler ensemble. Il nous suffit juste d'imiter la nature dans sa manière d'opérer".

"La branche la plus abstraite de l'art est la musique. Tout le monde aime la musique [...]. Généralement, en l'écoutant, il n'est pas nécessaire de penser à quelque chose dans la nature que la musique essaie d'imiter ou de représenter. La musique possède une vie en soi."

Josef Albers, 1939

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Anni Albers

Pâturage

1958

Coton mercerisé

The Metropolitan Museum of Art, New York, Purchase, Edward C. Moore Jr. Gift, 1969

 

9 92 anni albers variations sur un theme

Anni Albers

Variations sur un thème

1958

Coton, lin, plastique

The Josef and Anni Albers Foundation

 

9 93 anni albers panneaux de l arche pour la congregation b nai israel woonsocket rhode island 1962

Anni Albers

Panneaux de l'arche pour la congrégation B'Nai Israël, Woonsocket, Rhode Island

1962

Jute, coton et Lurex montés sur panneau en bois et aluminium

The Josef and Anni Albers Foundation

 

9 94 anni albers six prieres entre 65 et 67

Anni Albers

Six Prières

entre 1965 et 1966

Coton, lin, fibre végétale, fil d'argent

The Jewish Museum, New York, don de the Albert A. List Family

 

"Notre monde s'effondre ; nous devons rebâtir notre monde [...] Les œuvres d'art nous apprennent ce qu'est le courage. Nous devons aller là où personne ne s'est aventuré avant nous. Nous sommes seuls, et nous sommes responsables de nos actes. Notre solitude revêt un caractère religieux : c'est entre moi et ma conscience."

Anni Albers

" Je crois que l'art est parallèle à la vie. La couleur, selon moi, se comporte comme un être humain [...] de deux manières distinctes: d'abord dans son existence autonome, puis dans sa relation à autrui."

Josef Albers

 

9 95 josef albers hommage au carre regain d espoir regain d espoir 1951

Josef Albers

Hommage au carré: regain d'espoir

1951

Huile sur Masonite

The Josef and Anni Albers Foundation

 

9 96 josef albers jeune prediction hommage au carre 1955

Josef Albers

Jeune prédiction Hommage au carré

1954

Huile sur Masonite

Collection particulière

 

9 97 josef albers hommage au carre en avant de front 1970

Josef Albers

Hommage au carré : en avant de front

1970

Huile sur Masonite

The Metropolitan Museum of Art, New York, don de Douglas Dillon, 1991

 

9 98 josef albers hommage au carre doux leger 1968

Josef Albers

Hommage au carré doux léger

1968

Huile sur Masonite

Yale University Art Gallery, New Haven, don d'Anni Albers et The Josef Albers Foundation, Inc.

 

9 990 josef albers hommage au carre entre 52 et 55

Josef Albers

Hommage au carré

Entre 1952 et 1955

Huile sur Masonite

Yale University Art Gallery, New Haven,

don d'Anni Albers et The Josef Albers Foundation, Inc.

 

9 991 josef albers hommage au carre 1961

Josef Albers

Hommage au carré

1961

Huile sur Masonite

Yale University Art Gallery, New Haven, don d'Anni Albers et The Josef Albers Foundation, Inc.

 

9 992 josef albers hommage au carre 1969

Josef Albers

Hommage au carré

1969

Huile sur Masonite

Yale University Art Gallery, New Haven,

don d'Anni Albers et The Josef Albers Foundation, Inc.

 

9 993 josef albers hommage au carre 1966

Josef Albers

Hommage au carré

1969

Huile sur Masonite

Yale University Art Gallery, New Haven,

don d'Anni Albers et The Josef Albers Foundation, Inc.

 

9 994 josef albers hommage au carre 1969

Josef Albers

Hommage au carré

1969

Huile sur Masonite

Yale University Art Gallery, New Haven, don d'Anni Albers et The Josef Albers Foundation, Inc.

 

9 995 josef albers etude pour hommage au carre oui aussi 1970

Josef Albers

Étude pour Hommage au carré : Oui-Aussi

1970

Huile sur Masonite

Collection particulière

 

9 996 josef albers hommage au carre ile grecque 1967

Josef Albers

Hommage au carré île grecque

1967

Huile sur Masonite

Fondation Beyeler, Riehen/Bâle, Beyeler Collection, Suisse

 

9 997 anni albers etude pour do iii 1973

Anni Albers

Étude pour DO III

1973

Gouache sur papier à dessin d'architecture bleu

The Josef and Anni Albers Foundation

 

9 998 anni albers etude pour do iv 1973

Anni Albers

Étude pour DO IV

1973

Gouache et crayon sur papier à dessin d'architecture bleu

The Josef and Anni Albers Foundation

 

" C'était tellement stimulant de pouvoir soudain me débarrasser de cet absolu qui, en tissage, est toujours horizontal, vertical, ou diagonal, construit par étapes."

Anni Albers

 

9 999 anni albers engagement de ligne ii 1964

Anni Albers

Engagement de ligne II

1964

Lithographie monochrome sur plaque de zinc

The Josef and Anni Albers Foundation

 

9 9991 anni albers meandre jaune 1970

Anni Albers

Méandre jaune

1970

Sérigraphie

The Josef and Anni Albers Foundation

 

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Josef Albers

Hommage au carré

1976

Huile sur Masonite

The Josef and Anni Albers Foundation

 

Cette œuvre est le dernier Hommage au carré réalisé par Josef Albers avant son décès en 1976.

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Josef_Albers

https://fr.wikipedia.org/wiki/Anni_Albers

https://www.mam.paris.fr/fr/expositions/exposition-anni-et-josef-albers

https://www.wikiart.org/fr/josef-albers

https://www.wikiart.org/fr/anni-albers

 

 

 

 

 

.Georgia O'Keeffe

L'homme sensuel conforme les pensées aux choses ;

Le poète conforme les choses à sa pensée.

Ralph Waldo Emerson

Nature, 1836

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 Series I – No. 3, 1918

Huile sur panneau

Milwaukee Art Museum.

Gift of Jane Bradley Pettit Foundation and the Georgia O’Keeffe Foundation

 

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Series I White & Blue Flower Shapes, 1919,

Huile sur panneau

Georgia O’Keeffe Museum, Santa Fe.

Gift of The Georgia O’Keeffe Foundation Courtesy Georgia O'Keeffe Museum.

 

J'ai découvert que je pouvais dire avec

des formes et des couleurs ce que je

ne pourrais pas exprimer autrement – des choses

pour lesquelles je n'ai aucun mot.

 

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Evening Star No. VI, 1917,

Georgia O’Keeffe Museum, Santa Fe.

Gift of the Burnett Foundation. Courtesy Georgia O'Keeffe Museum, Santa Fe

 

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Inside Red Canna, 1919,

Georgia O’Keeffe Museum

 

Révéler ce qu'on a de plus intime, voilà

ce qui est important – et toujours maintenir

l'inconnu au-delà de vous -

en saisissant, en cristallisant votre vision

de la vie la plus simple, la plus claire.

 

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Abstraction. Blind I, 1921

Huile sur toile

Museo Nacional Thyssen - Bornemisza Madrid

 

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Abstraction White , 1927

Huile sur toile

Georgia O'Keefer Museum Santa Fé.

Gift at the Burnett Foundation

 

Ces collines ont l'air si douces.

La terre tellement bonne.

Parfois, j'ai eu envie d'enlever mes vêtements

et de m'allonger contre ces collines.

 

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Black Abstraction,1927

Huile sur toile

The Metropolitain Museum of Art, New York

Alfred Stieglitz Collection, 1969

 

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Red and Orange Streak , 1919

Huile sur toile

Philadelphia Museum of Art

Bequest of Georgia O'Keeffe for the Alfred Stieglitz Collection, 1987

 

L'inexpliqué de la nature, qui me fait sentir combien

le monde dépasse de loin mon entendement

- de comprendre peut-être en le traduisant par des

formes. D'accéder au sentiment de l'infini sur une ligne

d'horizon ou par delà les collines avoisinantes.

 

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Lake George – Autumn, 1922

Huile sur toile

The Jan T. & Marina Vilcek Collection.

A promised gift to The Vilcek Foundation

 

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 Blue and Green Music, c., 1919-1921

Huile sur toile

The Art Institute of Chicago.

Alfred Stieglitz Collection. Gift of Georgia O'Keeffe

 

Les os sont mes symboles du désert.

Ils semblent découper avec netteté au cœur

de ce que le désert recèle de vitalité profonde,

même s'il semble immense, vide, inacessible

- impitoyable en dépit de sa beauté

 

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Dark and Lavender Leaves, 1931

Huile sur toile

Collection of the New Mexico Museum of Art.

Gift of the Georgia O'Keeffe Estate, 1993

 

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White Iris No. 7, 1957

Huile sur toile

Museo Nacional Thyssen – Bornemizsa Madrid

 

J'ai toujours pensé pouvoir rendre tout cela

dans une image par la suggestion.

Je veux dire la vie que l'on a vécue quelque part.

 

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Jimson Weed/White Flower No. 1, 1932

Huile sur toile

Crystal Bridges Museum of American Art, Bentonville, Arkansas.

 

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Oriental Poppies, 1927

Huile sur toile

Collection of the Frederick R. Weisman Art Museum at the University of Minnesota, Minneapolis.

Museum purchase

 

Il m'apparaît très important pour l'idée

que je me fais de la vraie démocratie de mon

pays et peut-être du monde, que tous les

hommes et femmes soient égaux sous le ciel.

 

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Clam and Mussel, 1926

Huile sur toile

Georgia O'Keeffe Museum, Santa Fé.

Gift of the Georgia O'Keeffe Foundation

 

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Nature Forms – Gaspé, 1932

Huile sur toile

Collection particulière

 

Là où je suis née et là où je vis et

ce que j'y fais est sans importance.

C'est ce que j'ai fait à partir des lieux où

j'ai vécu qui peut présenter un intérêt.

 

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Winter Road I, 1963

Huile sur toile

National gallery of Art, Whashington, D.C.

Gift of The Georgia O'Keeffe Foundation

 

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Sky Above Clouds/Yellow Horizon and Clouds, 1976-1977

Huile sur toile

Georgia O'Keeffe Museum, Santa Fé

Gift of The Georgia O'Keeffe Foundation

 

.Barbara Beisinghoff

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PORTÉ

sur le terrain. avec la trace qui ne ment pas :

Herbe, écrite-séparée. Les pierres, blanches, avec l'ombre des tiges: Ne lis plus regarde ! Ne regarde plus - va !

Va, ton heure

n'a pas de soeurs, tu es - es de retour. Une roue, lentement, tourne d'elle-même, les rayons grimpent, grimpent sur un champ noirâtre, la nuit n'a pas besoin d'étoiles, nulle part on ne s'inquiète de toi.

 

10 Halfmoon Bay

 

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RAPPORT SUR L'ÉTÉ

Plus foulé, contourné, le

tapis de thym.

Une ligne de blanc, posée

de biais sur la lande de bruyères. Rien apporté dans les chablis.

Rencontre à nouveau

de mots isolés comme : éboulis, ivraie, temps.

 

9 Plume et encre cobalt

 

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UN OEIL, OUVERT

Heures, couleur mai, fraîches. Ce qui n'est plus à nommer, brûlant, audible dans la bouche.

Voix de personne, à nouveau.

Profondeur douloureuse de la prunelle : ne compte pas ce qui entre,

La paupière

ne barre pas la route, le cil

Une larme, à demi,

lentille plus aiguë, mobile, capte pour toi les images.

 

8 En chemin

 

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NUIT

Pierraille, éboulis. Et un bruit de tessons, grêle : l'heure s'adresse à toi.

arrêtée sur l'image,

Echange d'yeux, enfin, à contretemps : devenue bois, le signe d'éternité.

la rétine - :

Pensable: là-haut, au milieu des poutrelles du monde, stellaire, le rouge de deux bouches.

Audible (avant le jour?): une pierre, qui en prit une autre pour cible.

7 Site d'une découverte

 

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GRILLE DE PAROLE

Rond d'oeil entre les barreaux.

Paupière, animal cilié,

rame vers le haut,

libère un regard.

Iris, nageuse, sans rêve et triste, le ciel, gris-coeur, doit être proche.

Oblique, dans la bobèche de fer,

la mèche qui fume. Au sens de la lumière

Tu devines l'âme.

(Si j'étais comme toi. Si tu étais comme moi. N'étions-nous pas debout sous un même alizé? Nous sommes des étrangers.)

Les dalles. Dessus,

serrées l'une contre l'autre, les deux flaques gris-coeur : deux

bouchées de silence.

 

6 Danser

 

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TAIE

Taie sur l'œil : aux regards à mi-chemin apparu, le perdu. Ce Jamais filé de réel, revenu.

Chemins, à demi - les plus longs.

Fils foulés d'âme,

trace vitreuse, dévidés à l'envers, et maintenant par l'œil-toi sur l'étoile qui fixe te surplombe recouverts d'un voile blanc.

Taie sur l'œil :

pour que soit préservé un signe qui traverse l'obscur, que le sable (le gel?) d'un temps étranger pour un Toujours encore plus étranger ravive, et comme consonne vibrant sourde, acccorde.

5 Direction de la route

 

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EN BAS

Rapatrié dans l'oubli, le dialogue convivial de nos yeux lents.

Rapatrié syllabe après syllabe, réparti sur les dés aveugles le jour, vers quoi se tend la main du joueur, grande, dans l'éveil.

Et le trop de mes paroles : déposé sur le petit cristal dans le fardeau de ton silence.

4 Planète bleue

 

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Pas une voix - un bruit tardif, étranger aux heures, offert à tes pensées, ici, enfin, ici éveillé : une

feuille-fruit, de la taille d'un oeil, profondément entaillée ; elle suinte, ne veut pas cicatriser.

 

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Voix à l'intérieur de l'arche :

Les bouches, seules, sont à l'abri. Vous qui sombrez, entendez-nous aussi.

 

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Voix, dans le vert du plan d'eau entaillées. Quand le martin-pêcheur plonge, la seconde vibre :

ce qui se tenait à tes côtés sur chacune des rives avance,

fauché en un autre tableau.

 

https://www.beisinghoff.de/

https://de.wikipedia.org/wiki/Barbara_Beisinghoff

https://www.topographiedelart.fr/

Née en 1945, vit et travaille à Diemelstadt-Rhoden (Allemagne).« À partir de la densité d’une matière concrète, créer l’image légère d’une vision intérieure. »Se battre avec la matière : étendre une couche régulière de vernis sur des plaques de cuivre,penser l’inversion de l’image, respecter le temps de morsure de l’acide, peindre par-dessusles épreuves d’état, voilà quelques étapes de l’élaboration quotidienne pour fabriquer monlivre d’artiste Die gläserne Libelle (La Libellule de verre). Une libellule de verre n’existe pas, elle ne peut que se briser. Mais une libellule peut voler à 50 km/heure, tout en déchiquetant sa proie au vol et, de ses quatre ailes, suivre différents tempi et directions. « Elle danse devant moi, / La libellule de verre. / Elle danse devant moi. » (Rudolf Jüdes.)Deux livres d’artistes de ma fabrication seront présentés à Paris par Horst Haack, l’un surMarina Tsvetaïeva, l’autre sur Paul Celan. Tous deux, poètes persécutés, perdirent leur vie pour leur oeuvre ; ils furent submergés par les débris flottants de leur histoire. « Ce qui fut est plus fort que ce qui est... l’enfance est plus forte que tout. » Les racines. Ce « puisoir de la profondeur de l’âme ». Les feuilles de mon livre d’artiste Klavierkindheit (Enfancepiano) ont été puisées par des puisoirs-tamis à filigranes. – « Ô enfance ! Puisoir de la profondeur de l’âme. » (Boris Pasternak.)Au portrait de Marina Tsvetaïeva, j’ai ajouté trois yeux. Tsvetaïeva : « Qu’est-ce que l’art ? Dévoiler les choses perdues, perpétuer – les pertes. » La fin de sa vie : « Je ne vois plus de mains... La parole a perdu les sons... Les doigts entrelacés comme une corde. » Le titre Getauchte Zeit (Temps immergé) de mes eaux-fortes sur les vers de Sprachgitter (Grille de parole) de Paul Celan fait écho au processus d’immersion des plaques dans un bain d’acide. Le spectateur est immergé dans un espace inconnu aux grands horizons, et il erre entre les signes ambigus hors du langage

 

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Barbara Beisinghoff
“Temps immergé” (Getauchte Zeit), sur les vers Parler-la-grille de Paul Celan, 10 gravures (eau-forte) sur papier à la cuve, 35 x 40 cm, 2004. © Courtesy de l’artiste
“Enfance-piano, les doigts entrelacés comme une corde” (Klavierkindheit, die Finger zur Schnur verflochten), textes de Marina Tsvetaïeva, 11 feuilles de papier fait à la main filigrané, imprimé et technique mixte, 59 x 42 cm, 2005

 

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Barbara Beisinghoff
“Temps immergé” (Getauchte Zeit), sur les vers Parler-la-grille de Paul Celan, 10 gravures (eau-forte) sur papier à la cuve, 35 x 40 cm, 2004. © Courtesy de l’artiste

 

.Sebastião Salgado _Amazônia

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Introduction

Pendant sept ans, Sebastião Salgado a sillonné l’Amazonie brésilienne, photographiant la forêt, les fleuves, les montagnes, les peuples qui y vivent. Cet univers profond, où l’immense pouvoir de la nature est ressenti comme dans peu d’endroits sur la planète, a imprimé dans l’oeil du photographe des images saisissantes, la plupart dévoilées pour la première fois au public. Accompagnée d’une création sonore, véritable symphonie-monde imaginée par Jean-Michel Jarre à partir des sons concrets de la forêt, l’exposition restitue aussi la voix et le témoignage des communautés amérindiennes photographiées. Imaginée et conçue par Lélia Wanick Salgado, cette exposition immersive au coeur de l’Amazonie est une invitation à voir, à entendre en même temps qu’à penser le devenir de la biodiversité et la place des humainsdans le monde vivant.

Un voyage photographique

Dans la lignée du projet Genesis, photographiant les régions les plus reculées de la planète pour témoigne de leur majestueuse beauté, le photographe a entrepris une nouvelle série de voyages afin de saisir l’incroyable diversité naturelle de la forêt amazonienne brésilienne et les modes de vie des peuples. S’installant plusieurs semaines au sein de ces villages, il a ainsi photographié dix groupes ethniques. Dans de petites embarcations ou depuis les airs, Salgado réalise des images qui révèlent le labyrinthe complexe que forment les affluents sinueux qui alimentent le fleuve, les montagnes qui culminent parfois jusqu’à 3 000 mètres, les cieux gorgés d’eau qui créent de véritables rivières célestes.

Une symphonie-monde

Outre la fragilité de cet écosystème, l’exposition met en exergue la richesse de l’univers sonore amazonien en faisant dialoguer les impressionnants clichés de Salgado avec une création inédite de Jean-Michel Jarre conçue à partir de sons concrets de la forêt. Le bruissement des arbres, le cri des animaux, le chant des oiseaux ou encore le fracas des eaux qui se précipitent du haut des montagnes, collectés in situ, au coeur de la forêt amazonienne, composent un paysage sonore adapté au parcours de Salgado. Nommé ambassadeur à l’Unesco en 1993, Jean-Michel Jarre s’implique dans des projets remarquables pour la tolérance et le pluralisme culturel comme pour la défense de la nature et de l’environnement.

Un patrimoine inestimable

Présentant plus de 200 photographies, accompagnées d’immenses projections à la mesure de cette nature hors norme, l’exposition souligne la fragilité de cet écosystème. Elle s’attache à montrer que, dans les zones protégées où vivent les communautés indiennes, qui en sont les gardiens ancestraux, la forêt n’a subi presque aucun dommage. Des films documentaires permettront d’écouter la voix de ceux qui habitent la forêt et de saisir la richesse de leur culture. Par la force de ces images, Sebastião et Lélia Salgado espèrent stimuler une pensée et des actions en faveur de la préservation de cet inestimable patrimoine de l’humanité.

Coup d'éclat d'ampleur mondiale

Pour souligner la gravité de la situation écologique qui pèse sur la planète, l’exposition Amazônia ouvrira dans plusieurs villes du monde – de Paris (Philharmonie de Paris, du 20 mai au 31 octobre 2021) à São Paulo (SESC Pompéia, du 27 juillet au 31 octobre 2021), en passant par Rio de Janeiro (Museu do Amanhã, du 3 août à la fin décembre 2021), Rome (MAXXI, à partir du 1er octobre 2021) et Londres (Science Museum,début octobre 2021).Commissaire de l’exposition et scénographe :Lélia Wanick Salgado Création musicale de l’exposition : Jean-Michel Jarre

Exposition en collaboration avec le Musée d’Ethnographie de Genève

(© extrait du dossier de presse de l'exposition)

 

 

 

.Marco Maggi

.Martha Jungwirth

.Erik Lindman _ Balke (prélude)

.Christian Megert

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S.T. 2018

Connu pour avoir fait du miroir son matériau de prédilection, l’artiste suisse Christian Megert a bénéficié très tôt du soutien de la galerie Denise René. Après avoir consacré en 2018 une exposition à ses dernières créations, la galerie réunit cette fois-ci un ensemble d’œuvres historiques et actuelles qui témoignent du rôle majeur que l’artiste a joué sur la scène de l’avant-garde à partir du début des années 1960.
C’est à Bern, sa ville natale, que Megert a débuté sa carrière, après avoir suivi une formation à la Kunstgewerbeschule. En 1955, avec l’exposition du studio Postgasse, il montre pour la première fois son travail, des tableaux monochromes à la texture riche, structurés dans leur matière par des compositions dérivant du motif de la grille. Dans les années qui suivent, Christian Megert multiplie les contacts avec les artistes qui sont
comme lui en quête de renouveau, en voyageant à travers l’Europe. Ainsi, à Paris, il bénéficie
d’une exposition personnelle au « Club des quatre vents » en 1959. Manzoni lui propose cette même année de participer au premier numéro d’Azimuth. En 1960, il expose son travail avec Dieter Roth à Copenhague à la galerie Køpcke, tandis que l’exposition Neue Malerei de la galerie des Kleintheater de Bern présente ses monochromes aux côtés, entre autres, de ceux de Bram Bogart, Bonalumi, Castellani, Schoonoven et Peeters. Peu de temps après, Megert participe à une manifestation de plus grande envergure, devenue depuis historique, Monochrome Malerei, au Stätische Museum de Leverkusen, qui réunit une quarantaine d’artistes parmi lesquels ceux des groupes Zero (Heinz Mack, Otto Piene, Günther Uecker), Azimuth (Enrico Castellani et Piero Manzoni) mais également Klein, Leblanc, Mavignier, etc.Dans ce contexte international particulièrement foisonnant et stimulant, Christian Megert se dé-marque avec la réalisation en 1960 de ses premières œuvres en miroir. Résultant de l’utilisation
de débris de miroirs, elles reflètent l’espace environnant de manière fragmentaire et entrainent
la dissolution totale de ce qu’on considère traditionnellement comme composition ; quant au spectateur, pris au piège des jeux de juxtaposition de points de vue et de fragments de vision, toute tentative d’appropriation de l’œuvre de sa part semble vaine. Ayant conscience de la portée inédite d’une telle orientation plastique, Christian Megert se lance dans la rédaction simultanée d’un manifeste, Vers un Nouvel Espace (1961) qu’il publie dans quatre langues. Moins que d’y développer un programme ou d’élaborer des postulats, l’artiste y exprime sa volonté de changement. On y sent la volonté de bâtir, dans ces années de l’après
guerre, une vie nouvelle, un espace sans frontière, qui laisse place à la création dans son sens le plus large possible : « je veux construire un nouvel espace, un espace sans commencement
ni fin, dans lequel tout vit, où toute vie est stimulée. Cet espace sera tranquille et bruyant, im-mobile et en mouvement (...) Il sera gai, plein de vitalité, plein de couleurs et de mouvements, mais en même temps, il sera tranquille, plongé dans une profonde méditation (... )». Dans le dernier paragraphe du manifeste, Megert désigne le miroir comme étant le moyen le plus adapté à l’élaboration de ce nouvel espace : « Si vous opposez un miroir à un autre miroir, vous trou-
verez un espace sans fin et sans limite, un espace aux possibilités illimitées, un nouvel espace
métaphysique ».De telles déclarations, aux aspirations libertaires, utopiques mais aussi transcendantales, font écho à celles du groupe Zero dont Christian Megert allait se rapprocher à partir de cette date, à l’occasion de nombreuses manifestations, jusque dans les années 1970. La première d’entre elles marque un moment important dans sa carrière : il s’agit de l’exposition Nul organisée en
1962 au Stedelijk Museum d’Amsterdam où Megert présenta l’oeuvre Environnement son pre-
mier grand environnement, constitué de parois réfléchissantes fixes et mobiles. Cette œuvre
invite le spectateur à jouer une part active, à vivre simultanément une expérience visuelle, corpo-relle et psychique. L’utilisation conjointe d’éléments fixes et mobiles le confronte au phénomène
de l’instabilité, problématique qui était au cœur de la démarche d’autres artistes de la mouvance
optico-cinétique (le GRAV, Gianni Colombo). En effet, le spectateur est plongé dans une atmos-
phère où les miroirs, se présentant sous des angles différents et en mouvement, reflètent une
réalité qui est mise en pièce, déconstruite et en reconstruction permanente. En 1968, à l’occasion de la Documenta 4 de Cassel, Megert aura l’occasion de renouveler l’expérience de façon magistrale, en présentant dans la section « Ambiente » une nouvelle
réalisation monumentale intitulée Environnement, où l’œuvre devient non pas uniquement
lieu d’une expérience individuelle mais aussi celui d’un événement collectif. Cet Environ-nement résulte du recouvrement total d’une pièce (du sol au plafond) de grands miroirs carrés. Le spectateur, lorsqu’il y pénètre, est confronté à une expérience perceptive intense, avec un
phénomène de dédoublement à l’infini. Son corps entier est pris dans un espace sans fin, ce qui
peut parfois provoquer une impression de dédoublement corporel et de vertige. L’organisateur de Documenta 4, Arnold Bode, n’avait pas sous estimé la portée révolutionnaire de cette nouvelle forme d’art : « l’art est en train de rompre avec les vieilles traditions (...). Les œuvres d’art prennent possession de l’espace. L’expérience visuelle devient globale. La réalité esthétique n’est plus simplement vue comme une partie, mais comme une unité qui embrasse tout, « un environnement ».À partir de 1964, Christian Megert franchit encore une étape décisive dans son travail en réali-sant ses premières Light Box, devenant ainsi l’inventeur d’un concept qui n’aura cessé de mar-quer des générations d’artistes, et aujourd’hui encore, que l’on songe aux réalisations de l’artiste chinois Chul Hyun Han ou à celles d’Ivan Navarro... Associant miroir, verre et néon, ces œuvres
de Megert explorent avec une très grande efficacité la capacité du miroir à créer un phénomène d’infini. Par le rapport frontal qu’elle engage avec le spectateur, la light box hypnotise son regard,
l’embarque de l’autre côté du miroir dont il devient alors le prisonnier. Megert, durant toute sa
carrière, déclinera avec efficacité ces effets, notamment en reprenant le principe de la Light Box
sous forme de diptyque ou de triptyque.Dans ses créations ultérieures, Megert a continué à s’intéresser à l’emploi du miroir à échelle monumentale, avec par exemple les Mirror-Labyrinth et les Turning Doors. Il a également ma-nifesté son inventivité et son ingéniosité dans le format plus classique du tableau (notons que l’artiste n’a jamais tenté d’explorer le pouvoir déformant des surfaces convexes et concaves). Dans certaines de ces œuvres, Megert renoue avec l’esthétique du fragment, employant des débris de miroirs que l’artiste aime souvent agencer suivant des formats dérivant du tondo ou du triangle. D’autres sont conçues dans un esprit plus proche de l’art concret, en procédant
à la répartition sobre et équilibrée de figures géométriques simples sur fond monochrome. Dans les deux cas, Megert s’attache à explorer les effets de contrastes, en jouant de l’association de
surfaces mates et de surfaces brillantes, de surfaces colorées et de surfaces neutres. Si le miroir constitue souvent un élément majeur de la composition, il est parfois utilisé avec parcimonie, apparaissant en deuxième plan, de manière presque subreptice, créant ainsi une impression de
profondeur ou des reflets inattendus.
Depuis près d’un demi siècle, Christian Megert exploite magistralement les ressources du miroir. Il a fait de cet objet de spéculation son meilleur allié, passant du réel au virtuel, du fragmentaire
à l’infini, du construit au déconstruit, du visible à l’invisible. Par ce dépassement des oppositions
binaires et cette permanente mise à l’épreuve de l’œil, Megert nous invite à nous interroger sur ce qui constitue l’essence même du regard pour aboutir à une perception élargie du monde.

(© Domitille d’Orgeval dossier de presse de l'exposition)

 

.Gabriel Léger "Solve + Coagula"__Installation Fondation Fiminco__Vertigo_Cabinet Da-end

Autel
Bas-relief représentant le miel (Egypte antique,
Nouvel Empire), rayons de cire, miel, acier, plexiglas
67 x 46 x 15 cm, 2018

.Hicham Berrada

.Chiharu Shiota

.Sheila Hicks

.Laurent Millet