.Le square Maurice Gardette

Le square Maurice Gardette situé rue Lacharrière est d’une superficie de 9 443 m2  ; Le jardin a succédé en 1872 aux anciens abattoirs de Ménilmontant, construits de 1811 à 1815 à l'initiative de Napoléon 1er, puis  remplacé par les abattoirs de la Villette  eux même détruits en 1974.

Vous y découvrirez un charmant kiosque à musique (1899), mais surtout de très beaux massifs de plantes vivaces, comme des roses trémières, des asters, des iris ou des cœurs de Marie qui s’épanouissent aux pieds d’une multitude d’arbres d’essences différentes : orme de Sibérie, orme champêtre, érable sycomore savonnier de Chine, marronnier d’Inde, arbre à soie, bouleau verruqueux, catalpa, arbre aux pochettes, fontanesia, copalme d’Amérique, magnolia, oranger des Osages, arbre aux quarante écus, pin noir, séquoia géant…

Parmi eux se distinguent un remarquable plaqueminier (Dyospiros lotus), un tulipier de Virginie (Lyriodendron tulipifera) et trois noisetiers de Byzance (Corylus colurna). L’un d’eux, planté en 1879, atteint 20 mètres de haut et 2,10 mètres de circonférence. Ils ressemblent aux noisetiers classiques, mais leur hauteur en fait des arbres majestueux. Leurs chatons jaunes tombent en cascade dès le mois de janvier, mais il faut attendre le mois de septembre pour savourer ses noisettes. Un savonnier de Chine (Koelreuteria paniculata), planté en 1935, déploie son ample ramure de 16 mètres de haut non loin de là.

Dénommé anciennement square Parmentier, en l'honneur de l'introducteur en France de la pomme de terre, il a pris après la dernière guerre le nom de Maurice Gardette, ancien Conseiller Municipal du quartier, membre du Parti Communiste, fusillé en 1941

Il comporte une statue en bronze "Le Botteleur" de Jacques Perrin (1891) et le kiosque à musique datant de 1899.

 

Smg

 
 

.Le square Jules Verne

Ce jardin est un véritable poumon vert dans ce quartier densément construit. C’est aussi l’un des rares espaces verts.

Son tracé orthogonal s’inscrit parfaitement dans la configuration du quartier. Il répond aux besoins des habitants en offrant des aires de jeux pour les enfants jusqu'à 10 ans, ainsi qu’une aire de repos et de détente.

La grande allée, qui part de l’entrée située rue de l’Orillon, permet de découvrir les différents espaces, rythmés par les carrés expérimentaux, les alignements de poiriers d’ornement aux belles floraisons printanières, ou de frênes au feuillage dense disposés le long du passage Piver. Une couronne d’arbustes au feuillage persistant isole le jardin de la rue. Les couleurs des lilas, des hortensias et des céanothes bleus s’en détachent, s’harmonisant ou s’opposant selon les saisons.

Le bâtiment du 19 bis, rue de l’Orillon, appelé "Pavillon à la Clé", autrefois dévolu à des activités artisanales de serrurerie, a été rénové et comporte un espace pour les agents de la surveillance spécialisée, les jardiniers, un relais bébé, ainsi que des toilettes publiques.

Un projet pédagogique mené par des associations et initié au moment de la création du jardin, se poursuit avec les écoles, les enfants et les habitants. Les carrés floraux peuvent être traversés pour faciliter l’observation. Ces parcelles sont plantées et entretenues dans un esprit écologique.

© Mairie de Paris

 

Sjv

 
 

.Hector Guimard architecte_L'art nouveau selon Hector Guimard

Architectural Record me fait l’honneur de me demander une définition de "l’Art Nouveau". À notre époque de transition, de troubles même et de commotions, il est difficile de dire exactement ce qui serait la meilleure réponse à la question posée. Mais on pourrait dire, en général, que les dernières années du XIXe siècle ont vu le commencement d’une évolution générale qui aboutira un jour à des résultats tangibles et permanents. L’art appartient à ce mouvement. Depuis une vingtaine d’années diverses expériences, plus ou moins audacieuses, ont été menées sur l’art moderne. Ces tentatives ont été basées sur l’interprétation des éléments de la fleur. Je citerai, dans ce contexte, en France, Rubrick Robert (1) et l’Union Centrale des Arts Décoratifs ; en Angleterre, Ruskin, Walter Crane et Morris ; et, en Belgique, Victor Horta. Dans ce dernier pays, la base décorative n’est plus la feuille ni la fleur, mais la tige, tout simplement.

En revenant à une approche logique et raisonnable de la question, et en abandonnant l’ostracisme de toutes les écoles classiques, je crois qu’en étudiant les principes de l’art qui ont guidé les artistes des périodes les plus reculées jusqu’à nos jours, il est possible d’opérer des sélections, et si nous nous donnons la peine de découvrir comment nos prédécesseurs ont réussi à les découvrir, nous pouvons, en appliquant les mêmes méthodes aux conditions de notre temps, déduire les règles modernes appropriées. En dépit de la profusion d’exemples anciens, il est impossible de nier qu’il y a autre chose, et cet « autre chose » devrait être l’objet principal des recherches de ceux qui veulent œuvrer pour leur époque. C’est à nous, architectes, qu’incombe plus particulièrement la tâche de définir, par notre art, l’évolution artistique, mais aussi civilisatrice et scientifique de notre temps.

La Nature est un grand livre dans lequel nous pouvons trouver notre inspiration et c’est également dans ce livre que nous devons chercher les principes qui, lorsqu’ils auront été trouvés, devront êtres définis et appliqués par l’esprit humain selon les besoins humains. De cette étude, je tire trois principes qui devraient avoir une influence prédominante sur toute production architecturale :

1. La logique, qui consiste à prendre en compte toutes les circonstances de la situation à laquelle l’architecte est confronté, circonstances qui sont infinies dans leur variété et leur nombre.

2. L’harmonie, ce qui veut dire mettre en accord toutes les constructions, non seulement avec les demandes auxquelles il faut répondre et les ressources financières disponibles, mais aussi avec leur environnement.

3. Le sentiment qui, participant à la fois de la logique et de l’harmonie, est leur complément à toutes deux, et qui mène, par l’émotion, à l’expression la plus élevée de l’art.

Ce sont là les principes que j’ai souhaité illustrer dans tous mes édifices, et plus particulièrement dans le Castel Béranger, dans la Salle Humbert de Romans et dans les stations du chemin de fer métropolitain de Paris. Ce sont ces œuvres, avec celles d’hommes comme Victor Horta et Van de Velde qui ont inspiré, surtout en Allemagne, en Autriche et en France, les productions qu’on caractérise par le terme « Art Nouveau ». Malheureusement, je ne peux pas dire que toutes ces productions illustrent les trois principes que je viens d’énoncer. Pour la plupart, elles ne font que les contrefaire, car cette chose indéfinissable que nous appelons le goût — ce qui fait que nous apprécions une chaise, une pendule, une vase ou un bijou, ce goût qui est l’incarnation de l’esprit, du charme, de l’émotion, de la vie, qu’il soit en tissu ou en métal, utilitaire ou décoratif — cette qualité est absente chez la plupart de ceux qui pensent être des créateurs modernes et qui, en réalité, ne font que plagier plus ou moins un motif conçu pour orner une structure utile.

Chaque grande époque a connu une stylisation de l’art. C’est ainsi que tous les styles qui nous ont précédé ont vu le jour, mais aujourd’hui on ne peut pas nier que nous assistons à la création d’un style. Mais des influences individuelles ne peuvent pas avoir un effet universel. Un style d’architecture, pour être vrai, doit être le produit du sol où il se trouve et de la période qui le demande. Les principes du Moyen Âge et ceux du XIXe siècle, combinés avec ma doctrine, devraient nous fournir les bases d’une Renaissance française et d’un style entièrement nouveau. Que les Belges, les Allemands, les Anglais développent pour eux-mêmes un art national. Assurément, de cette façon, ils accompliront une œuvre vraie, solide et utile.

Quoique cela soit un peu présomptueux de parler des Américains qui me font ici l’hospitalité de votre revue, je me hasarderai à dire que mes confrères américains ont été et sont toujours dans la position la plus favorable pour créer un "Art Nouveau", et je regrette qu’ils n’aient pas jugé utile de chercher un art national, développé à partir de leur propre tempérament, c’est-à-dire un art produit sur place et en intuition avec la vie à cet endroit. L’artiste ne crée pas son environnement, il en est le produit. Quand je regarde vos monuments et votre architecture, je crois revoir les bâtiments et les monuments de Paris, de Berlin ou d’Italie, tant est absente toute marque caractéristique du sol.

Considérant que l’Art Nouveau traverse aujourd’hui l’océan pour arriver sur vos rives, j’espère que mes confrères américains ne se contenteront pas d’être de simples copistes, mais seront des créateurs. Je crois que les principes qui me guident quand je fais de l’architecture française leur permettront tout aussi aisément de créer un art américain, ce que vos compatriotes éclairés espèrent très ardemment.

Hector Guimard

Architectural Record, vol. XII, n° 2, 1902

[Texte publié en anglais en 1902 ; la version originale en langue française n’existant plus, le texte a été re-traduit de l’anglais par Paul Smith, avec l’aide de Catherine Gros]

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(1) Guimard pense sans doute à Victor Ruprich-Robert (1820-1887), premier titulaire de la chaire d’architecture à l’Ecole nationale des Arts décoratifs (note du traducteur).

 

.Le castel Béranger

 

.Groupe d’immeubles des rues Gros (49), Agar (8-10) et La Fontaine (17 à 21)

 

.L'hôtel Guimard

 

.L'hôtel Mezzara